Né à Marcoussis, près de Paris, le 22 septembre, de parents toscans émigrés en France.
Giuseppe Gavazzi revient en Italie avec sa famille et s’installe dans la région de Pistoia. Cette enfance au contact de la nature, du bois et de la pierre constituera l’une des matrices profondes de son imaginaire artistique.
Il entre à l’Istituto d’Arte « Policarpo Petrocchi » de Pistoia, où il se forme notamment au dessin et à la peinture murale. Il y rencontre des artistes et enseignants qui jouent un rôle déterminant dans sa vocation. Parallèlement à sa formation, il développe une pratique personnelle de la peinture et commence à explorer la sculpture.
Encouragé par son maître Alfiero Cappellini, Gavazzi entre dans l’atelier florentin du grand restaurateur Leonetto Tintori. Cette rencontre marque un tournant majeur dans sa vie professionnelle. Il participe dès lors à d’importants chantiers de restauration et acquiert une connaissance exceptionnelle des techniques de la peinture murale et des matériaux de l’art ancien.
La sculpture s’affirme parallèlement. Dès le milieu des années 1950, il travaille la pierre, d’abord en bas-relief puis en ronde-bosse. Cette pratique de la matière deviendra le fondement d’une recherche artistique qui, au fil des décennies, s’ouvrira au bois, à la terre cuite, au stuc, au marbre et au bronze.
Le bois prend une place importante dans sa production.
Gavazzi se tourne avec une attention nouvelle vers la terre cuite, matériau qui deviendra l’un des signes distinctifs de son œuvre.
Il introduit progressivement la couleur directement sur ses sculptures, donnant naissance à cette sculpture polychrome qui constituera l’une des expressions les plus personnelles et reconnaissables de son langage.
Ses figures — enfants, jeunes filles, maternités, personnages du quotidien ou figures sacrées — se distinguent par une apparente simplicité, une grande douceur et une poésie silencieuse. La couleur ne se contente pas d’accompagner la forme: elle participe à sa construction, à son rythme et à son pouvoir d’évocation.
Cette année constitue une étape essentielle dans sa carrière. Gavazzi reçoit le Prix de la République fédérale d’Allemagne et obtient le Prix du Fiorino à la Biennale Internationale d’Art de Florence. La même année, il est également distingué à la Biennale nationale « Arte e Sport » de Florence.
Il reçoit à nouveau le Prix du Fiorino, confirmant la reconnaissance de son travail dans le paysage de la sculpture italienne contemporaine.
Gavazzi assume en son nom propre d’importantes interventions de restauration sur des œuvres majeures de la peinture italienne médiévale et de la Renaissance. Son activité le conduit notamment à travailler sur des œuvres de Simone Martini, Sassetta, Duccio di Buoninsegna, Vecchietta, Sodoma et Beccafumi, ainsi que sur des cycles majeurs de la peinture murale italienne.
Parmi les réalisations qui ont marqué sa carrière figurent notamment les interventions sur les fresques de Giotto dans la chapelle des Scrovegni à Padoue, ainsi que sur des œuvres de Paolo Uccello, Andrea del Castagno, Pinturicchio et de nombreux autres maîtres. Cette expérience exceptionnelle du patrimoine ancien nourrit directement son travail de sculpteur: la connaissance intime de la matière, des pigments, des surfaces et des techniques anciennes devient une véritable école de création.
La RAI lui consacre un documentaire spécial réalisé par Franco Simongini, témoignant de la place désormais acquise par Gavazzi dans la scène artistique et culturelle italienne.
Au cours des décennies suivantes, son œuvre est présentée dans de nombreuses expositions en Italie et à l’étranger, notamment à Florence, Sienne, Pistoia, Paris, Munich, Fribourg, Neuchâtel et Zurich. Sa sculpture, singulière et immédiatement identifiable, rencontre également une reconnaissance croissante auprès des critiques et des historiens de l’art.
Au fil des années, Gavazzi développe une œuvre profondément cohérente, centrée sur la figure humaine, l’enfance, la maternité, les gestes ordinaires et certains grands thèmes de la tradition sacrée. Ses sculptures en terre cuite polychrome, en bois, en stuc, en marbre ou en bronze associent une présence plastique forte à une sensibilité presque intime.
Son travail se caractérise par un dialogue constant entre sculpture et peinture, entre volume et couleur, entre mémoire de l’art ancien et regard contemporain. L’expérience du restaurateur et celle du sculpteur ne cessent ainsi de se nourrir mutuellement.
Gavazzi est élu Académicien honoraire de l’Accademia delle Arti del Disegno de Florence.
Il devient Académicien ordinaire, puis Académicien émérite en 2020.
Le complexe muséal de Santa Maria della Scala à Sienne lui consacre l’exposition Giuseppe Gavazzi. Una perfetta coincidenza. Présentant plus d’un demi-siècle de création, cette rétrospective souligne l’osmose exceptionnelle entre son activité de restaurateur et son œuvre de sculpteur.
Cette « parfaite coïncidence » résume particulièrement bien la singularité de son parcours: chez Gavazzi, la fréquentation des chefs-d’œuvre du passé ne conduit jamais à une simple imitation. Elle devient au contraire une expérience vivante de la matière, de la forme et de la couleur, transformée en un langage personnel, immédiatement reconnaissable.
Giuseppe Gavazzi s’éteint le 26 juin, à la veille de ses quatre-vingt-dix ans. Il laisse derrière lui une œuvre sculpturale d’une grande cohérence ainsi qu’un héritage exceptionnel dans le domaine de la conservation et de la restauration de l’art ancien.
Artiste et restaurateur, artisan et créateur, Giuseppe Gavazzi aura construit durant plus de soixante-dix ans une œuvre fondée sur la matière, la mémoire et l’humanité. Ses figures silencieuses, souvent empreintes d’innocence et de tendresse, témoignent d’une conception de l’art où la simplicité n’est jamais naïveté, mais devient au contraire une forme rare de profondeur.
Giuseppe Gavazzi appartient ainsi à cette génération d’artistes pour lesquels la connaissance du passé n’est pas un refuge, mais une source vivante de création.
Giuseppe Gavazzi. Una perfetta coincidenza, Santa Maria della Scala, Sienne.
La Grande Madre. Legni non finiti di Giuseppe Gavazzi, Giardino Bardini, Florence.
Gavazzi alla Certosa, Certosa di Firenze, Florence.
La scultura abita, Agliana.
Galerie Ditesheim, Neuchâtel.
Museo Civico e Dicoesano d’Arte Sacra, Montalcino.
Galerie im Prediger, Schwäbisch Gmünd.
Galerie Schrade, Schloss Monchental.
XLI exposition de la céramique, Castellamonte.
Galerie de la Cathédrale, Fribourg.
Galerie Von Braunbehrens, Münich.
Villa di Groppolo, Pistoia.
Galleria Turelli, Pistoia-Montecatini, Terme.
Museo Civico, Montalcino.
Galleria d’Arte Contini, Asiago.
Galerie Ditesheim, Neuchâtel.
Galerie Ditesheim, Neuchâtel.
ART15 Basel, Bâle [Galerie Ditesheim, Neuchâtel].
Galerie Ditesheim, Neuchâtel.
FIAC’81, Grand Palais, Paris [Galerie Ditesheim, Neuchâtel].
ART11 Basel, Bâle [Galerie Ditesheim, Neuchâtel].
Galerie Ditesheim, Neuchâtel.
ART9 Basel, Bâle [Galerie Ditesheim, Neuchâtel].