Né à Grottaglie, haut lieu de la céramique dans les Pouilles, Spagnulo s’initie très tôt au travail de la terre dans l’atelier familial, où il acquiert une maîtrise précoce du tour.
Après une première formation à l’École d’Art locale, il poursuit ses études à l’Institut de la Céramique de Faenza sous la direction d’Angelo Biancini. Ces années sont décisives: il y explore le grès, découvre les œuvres de Picasso conservées au Musée des Céramiques et s’ouvre aux recherches internationales grâce aux échanges avec Albert Diato, Carlo Zauli et Nanni Valentini.
Son installation à Milan et son entrée à l’Académie de Brera marquent un tournant. Assistant de Lucio Fontana et Arnaldo Pomodoro, Spagnulo s’inscrit pleinement dans l’effervescence expérimentale de la scène milanaise d’après-guerre.
Dès le milieu des années 1960, il expose ses premières sculptures en grès, nourries par les recherches informelles d’Albissola.
L’artiste opère un virage décisif vers le métal, donnant naissance à de monumentales structures forgées directement dans les aciéries, au contact des ouvriers. Les célèbres grands fers affirment une sculpture physique, marquée par la violence maîtrisée du geste et la vérité du processus.
Dans les années 1970, son œuvre gagne une dimension conceptuelle affirmée: les cycles Archeologie et Paesaggi, présentés en 1977 au Newport Harbor Art Museum (Californie), interrogent l’horizontalité et entrent en résonance avec certaines expériences du minimalisme américain.
Le début des années 1980 inaugure une nouvelle phase de recherche. Un voyage à travers la Méditerranée ravive son lien à la céramique: Spagnulo conçoit un tour de potier monumental, sur lequel il modèle Turris, œuvre ensuite coulée en fer.
À la fin des années 1980 et durant les années 1990, il approfondit le thème des Ferri spezzati et défie la pesanteur en suspendant d’imposants blocs métalliques, comme dans Campo sospeso à Castel Burio (Asti). Parallèlement, son influence s’étend en Allemagne, où il occupe la chaire de sculpture à l’Académie de Stuttgart.
À partir des années 2000, l’importance de son parcours est reconnue par de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le Prix Faenza pour l’ensemble de son œuvre et le Prix du concours d’aménagement urbain de Milan, aboutissant à l’installation de Scogliere devant le Théâtre des Arcimboldi en 2002. Suivent des expositions majeures, notamment à la Peggy Guggenheim Collection à Venise (2005) et à la Biennale de Gubbio (2006), ainsi que la réalisation de projets publics ambitieux: La Foresta d’Acciaio pour le Monument aux Morts de Nassiriya à Rome (2007) et La Porta della Luce pour la cathédrale de Prato (2009).
Au cours de la dernière décennie de sa carrière, Spagnulo intensifie sa présence sur la scène internationale, exposant en Italie, Allemagne, Suisse, Belgique, Autriche, Pays-Bas, États-Unis et Royaume-Uni. De nombreuses expositions rétrospectives viennent alors sceller la force, la cohérence et la portée historique de son œuvre. En 2013, la publication d’une importante monographie dirigée par Bruno Corà consacre définitivement cette reconnaissance.
Giuseppe Spagnulo s’éteint à Milan le 15 juin 2016, laissant une œuvre magistrale, forgée dans une tension permanente entre matière, geste et monumentalité.